Vie en copropriété
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Parties communes ou privatives : comprendre les différences en copropriété

Mis à jour le
15/12/2025
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Sommaire

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      L’achat d’un bien en copropriété implique une distinction entre espaces partagés et espaces individuels. Que vous soyez nouvel acquéreur ou copropriétaire aguerri, bien différencier les parties communes et privatives vous permet d'éviter des malentendus… et parfois même des conflits juridiques. Ces notions définissent qui possède quoi, qui entretient quoi et surtout, qui paie quoi !

      Quelles sont les parties communes en copropriété ?

      En copropriété, les parties communes représentent tout ce qui est partagé entre les copropriétaires.

      Définition des parties communes

      Les parties communes sont définies par la loi (notamment l’art. 3 de la loi du 10/07/1965). Elles regroupent les éléments bâtis ou non bâtis affectés à l’usage ou à l’utilité de tous les copropriétaires. Cela signifie qu'aucun copropriétaire ne peut s’en attribuer la jouissance exclusive, sauf disposition contraire précisée dans le règlement de copropriété.

      En cas de doute sur la nature commune ou privative d’un élément, le règlement de copropriété est votre meilleur allié !

      Exemples de parties communes

      Certaines parties communes sont évidentes, d’autres moins :

      • Hall d’entrée et porte d’entrée
      • Cage d’escalier
      • Ascenseur
      • Toiture et planchers
      • Cour intérieure ou jardin commun
      • Parkings collectifs
      • Locaux techniques : réservés aux équipements de maintenance (local poubelle, chaufferie...).
      • Loge du gardien
      • Appuis de fenêtres
      • Canalisations et gaines techniques
      • VMC

      Bon à savoir : certaines parties dites à usage privatif, comme une terrasse rattachée à un appartement, restent juridiquement communes, bien que leur usage soit exclusif.

      Gestion et entretien des parties communes

      Le syndic de copropriété est chargé de la gestion et de l’entretien des parties communes. Cela comprend :

      • L’organisation des travaux (nettoyage, réparations, rénovations)
      • La gestion des contrats d’entretien (ascenseur, chaudière…)
      • Le suivi des budgets liés aux charges communes

      ⇨ Pour aller plus loin avec Manda : “Parties communes en copropriété : votre guide ultime !

      Quelles sont les parties privatives en copropriété ?

      Contrairement aux parties communes, les parties privatives sont celles réservées à l’usage exclusif d’un copropriétaire. Elles ne peuvent être utilisées, modifiées ou entretenues que par leur propriétaire.

      Définition des parties privatives

      La loi précise que les parties privatives désignent les parties du bâtiment qui appartiennent exclusivement à un copropriétaire, et dont il a l’usage complet.

      L’entretien, les réparations et les aménagements de ces espaces relèvent de la responsabilité individuelle. Toutefois, ces droits ne sont pas absolus. Il est interdit d’y réaliser des travaux qui pourraient :

      • Porter atteinte à la solidité du bâtiment
      • Modifier l’aspect extérieur de la résidence
      • Gêner la jouissance des autres copropriétaires

      Bon à savoir : toute intervention sur un mur porteur (même à l’intérieur d’un appartement) nécessite une autorisation en assemblée générale.

      Exemples de parties privatives

      Voici quelques exemples de parties privatives :

      • Appartement : l’ensemble des pièces intérieures est privatif
      • Balcon ou terrasse : souvent à usage privatif mais structurellement commun
      • Cave ou grenier : si attribué à un seul copropriétaire
      • Garage individuel : s’il est indépendant et affecté à un lot spécifique
      • Local commercial : lorsqu’il fait partie d’un lot indépendant dans la copropriété.
      • Compteurs d’eau et d'électricité, si individuels
      • Velux
      • Porte d'entrée d’un lot

      Il est indispensable de se référer au règlement de copropriété pour éviter toute confusion.

      ⇨ Pour aller plus loin avec Manda : “Exploiter une partie commune à usage privatif en copropriété

      Responsabilités des copropriétaires concernant les parties privatives

      Un copropriétaire a l’obligation d’assurer l’entretien régulier de ses parties privatives pour ne pas dégrader le bâtiment ou nuire aux autres habitants. Cela inclut :

      • Les réparations intérieures (plomberie, électricité…)
      • Le remplacement des équipements vétustes ou défectueux
      • Le respect des normes de sécurité et d’hygiène

      En cas de dommages causés par négligence, les frais peuvent être imputés au copropriétaire fautif.

      À retenir : en copropriété, la liberté individuelle s’arrête là où commence le droit collectif.

      Récapitulatif parties communes / parties privatives

       
      Élément Partie commune Partie privative Remarques
      Murs porteurs Même s’ils traversent un appartement
      Murs non porteurs internes Appartiennent au copropriétaire
      Sol intérieur de l’appartement Revêtements au choix du copropriétaire
      Plafond de l’appartement Jusqu’à la limite de la dalle supérieure
      Dalle de plancher entre étages Éléments structurels
      Toiture et charpente Éléments structurels
      Volets extérieurs ✅* ✅* Selon règlement : parfois privatifs mais homogénéité imposée
      Fenêtres ✅* ✅* Généralement privatives
      Balcon / Terrasse Usage privatif mais structure commune
      Garde-corps de balcon Entretien à la charge de la copropriété
      Jardin commun Usage partagé ou à jouissance exclusive
      Parties communes intérieures Halls, couloirs, paliers, escaliers
      Ascenseur
      Local poubelles
      Local vélos Accès commun
      Combles aménagés S’ils font partie d’un lot privatif
      Parties techniques (chaufferie, gaines) /
      Conduits de ventilation Même s’ils traversent un lot privatif
      Réseau électrique (parties communes) Distribution collective, entretien par le syndic
      Réseau électrique interne à un lot Entièrement privatif
      Réseau de plomberie collectif Jusqu’au branchement du lot
      Réseau de plomberie interne au lot À la charge du copropriétaire
      Compteurs d’eau ou d’électricité ✅* ✅* Selon qu’ils soient collectifs ou individualisés
      Interphone / digicode Maintenance à la charge de la copropriété
      Portail / portillon Entrée commune
      Garage (lot privatif) Mentionné dans l’acte de vente
      Stationnement extérieur ✅* ✅* Parfois parties communes à usage privatif
      Box de parking (fermé) S’il est affecté à un lot
      Cave Affectée à un lot précis
      Grenier Affecté à un lot précis

      * : élément dépendant du règlement de copropriété

      Différences entre parties communes et privatives : impacts sur la copropriété

      Ces différences ont un impact direct sur la gestion, les responsabilités et les coûts de gestion de la copropriété.

      Propriété et usage

       
      Critères Parties communes Parties privatives
      Propriété Collective (tous les copropriétaires) Individuelle (un seul copropriétaire)
      Usage Partagé entre tous les résidents Exclusif au propriétaire du lot
      Modification Soumise à l'accord de la copropriété Libre dans la limite du règlement
      Vente possible séparément Non (sauf décision collective) Oui

      Charges de copropriété

      Les charges afférentes aux parties communes sont réparties entre tous les copropriétaires selon leurs tantièmes. Cela signifie qu’un appartement plus grand paiera généralement plus de charges.

      Les parties privatives, elles, sont entièrement à la charge de leur propriétaire, tant pour l’entretien courant que pour les travaux exceptionnels.

      À retenir : plus votre lot est grand ou plus vous utilisez certains services, plus vos charges seront élevées.

      Travaux et aménagements

      Les travaux dans les parties communes doivent être validés en assemblée générale. Cela inclut :

      • Ravalement de façade
      • Réfection de toiture
      • Remplacement de l’ascenseur
      • Etc.

      Dans les parties privatives, les travaux sont libres tant qu’ils ne nuisent pas à la copropriété. En revanche :

      • Une ouverture de fenêtre sur un mur extérieur = autorisation obligatoire
      • Une démolition de mur porteur = étude technique

      Qui est responsable des parties communes et privatives ?

      Chaque acteur de la copropriété a des responsabilités clairement définies en matière de parties communes et privatives.

      Responsabilité du syndic pour les parties communes

      Le syndic de copropriété assure la gestion technique, administrative et financière des parties communes. Il exécute les décisions prises en assemblée générale, notamment :

      • Commande des travaux
      • Suivi des contrats de maintenance
      • Répartition des charges
      • Tenue de la comptabilité

      Il est l’interlocuteur privilégié pour tout problème dans les parties communes.

      ⇨ Pour aller plus loin avec Manda : “Obligations du syndic de copropriété : Le guide essentiel pour 2025

      Responsabilité des copropriétaires pour les parties privatives

      Chaque copropriétaire est entièrement responsable de l’état de ses parties privatives :

      • Entretien courant (nettoyage, petites réparations)
      • Rénovation ou remplacement d’équipements
      • Respect des normes (électricité, isolation…)

      En cas de négligence entraînant un dommage aux parties communes, le copropriétaire peut être tenu de payer les réparations.

      {{cta-syndic="/ressources/auteurs/leo-riquier"}}.

      Les implications juridiques des parties communes et privatives

      La distinction entre parties communes et privatives a de nombreuses conséquences juridiques.

      Cas de conflits entre copropriétaires

      Les conflits les plus fréquents concernent :

      • Des travaux dans une partie privative qui fragilisent un mur porteur
      • Une utilisation abusive d’un espace commun
      • Des nuisances sonores ou olfactives

      Ces conflits peuvent mener à :

      • Une mise en demeure du syndic
      • Une médiation entre les parties
      • Une procédure judiciaire devant le tribunal

      Bon à savoir : les litiges liés aux parties communes ou privatives sont la principale cause de contentieux en copropriété.

      Cas des modifications des parties privatives

      Un propriétaire peut vouloir aménager ses parties privatives, mais certaines transformations nécessitent une validation préalable :

      • Changement de fenêtres
      • Pose de volets roulants visibles de la rue
      • Transformation d’un local commercial en logement

      Le respect du règlement de copropriété et l’approbation en AG sont alors obligatoires.

      Vente de parties communes et privatives

      La vente d’un lot privatif est libre. En revanche, la vente d’une partie commune (ex. : local commun transformé en logement) nécessite :

      • Une décision unanime de l’assemblée générale
      • Une modification du règlement de copropriété
      • Un acte notarié

      Les charges liées aux parties communes et privatives

      Les charges constituent un sujet sensible en copropriété…

      Répartition des charges entre les copropriétaires

      Chaque copropriétaire paie des charges proportionnelles à ses tantièmes. Ces charges financent :

      • L’entretien courant
      • Les travaux votés
      • Le fonctionnement administratif

      Charges spécifiques pour certaines parties communes

      Certaines parties communes, comme les jardins, les ascenseurs ou le chauffage collectif, engendrent des charges spécifiques, souvent appelées charges spéciales. Seuls les copropriétaires concernés les paient.

      Par exemple :

      • Si votre lot n’est pas concerné par l’ascenseur, vous n’y contribuez pas.
      • Si vous ne bénéficiez pas du jardin, aucune charge ne vous est imputée à ce titre.

      Étude de cas : travaux sur une terrasse en copropriété

      Madame L. est copropriétaire d’un appartement situé au dernier étage d’une résidence lyonnaise construite en 2012. Ce logement dispose d’une vaste terrasse de 35 m², accessible uniquement depuis son séjour. Elle envisage de poser une pergola bioclimatique sur cette terrasse pour en profiter été comme hiver.

      Avant d’entamer les travaux, elle consulte le syndic, pensant qu’il s’agit d’une partie entièrement privative. Or, le règlement de copropriété stipule que les terrasses sont des parties communes à usage privatif.

      Une partie commune à jouissance exclusive

      La terrasse de Madame L. n’appartient donc pas en propre à son lot de copropriété. Elle est en réalité une partie commune dont l’usage exclusif a été accordé à la copropriétaire par l’acte de vente. Cela signifie qu’elle peut en profiter librement, mais qu’elle n’en détient pas la propriété pleine et entière. Toute modification de l’aspect ou de la structure de cette terrasse nécessite donc l’accord préalable de l’assemblée générale.

      Les démarches entreprises

      Madame L. doit donc respecter une procédure spécifique pour faire approuver son projet :

      1. Dépôt d’un dossier auprès du syndic, incluant des plans, des photos du projet et une notice technique
      2. Inscription du projet à l’ordre du jour de la prochaine assemblée générale
      3. Soumission au vote des copropriétaires

      Elle joint également une demande d’autorisation préalable à la mairie, car la pergola pourrait modifier l’aspect extérieur de l’immeuble.

      Le débat en assemblée générale

      Lors de l’assemblée générale, les copropriétaires discutent du projet. Certains expriment des craintes :

      • Risque de nuisances visuelles (pergola visible depuis la rue)
      • Crainte d’atteinte à l’étanchéité de la terrasse (structure vissée ou fixée)
      • Effet d’entraînement : si ce projet est accepté, d'autres voudront modifier leurs extérieurs

      Le syndic rassure l’assemblée : la pergola repose sur pieds autoportants, sans perforation du sol. Madame L. accepte même de la choisir en gris anthracite, couleur des volets de l’immeuble, pour préserver l’harmonie architecturale.

      Résultat : le projet est approuvé à 75 %.

      Conclusion

      La distinction entre parties communes et privatives est bien plus qu’une question juridique. Elle conditionne la bonne entente, la répartition des charges et la valeur patrimoniale de l’immeuble. Nous vous conseillons de relire attentivement le règlement de copropriété, de consulter le syndic en cas de doute ou de projet de travaux et de respecter les procédures avant toute modification.

      Chez Manda, votre syndic de copropriété innovant, notre équipe est toujours disponible pour vous accompagner et vous aider dans vos démarches. N’hésitez pas à nous solliciter !

      {{cta-syndic="/ressources/auteurs/leo-riquier"}}.

      FAQ sur les parties communes et privatives

      Comment savoir si une partie est commune ou privative ?

      Consultez le règlement de copropriété. En cas de doute, demandez l’avis du syndic ou d’un notaire.

      Un copropriétaire peut-il refuser un accès aux parties communes ?

      Absolument pas. Les parties communes sont accessibles à tous, sauf disposition contraire expressément indiquée.

      Un balcon est-il une partie commune ou privative ?

      En règle générale, un balcon est considéré comme une partie commune à usage privatif (la jouissance est exclusive mais la dalle est une partie commune).

      Un compteur d’eau est-il une partie commune ou privative ?

      S’il s’agit d’un compteur unique pour la copropriété, celui-ci est une partie commune. Dans le cas d’un compteur d’eau individuel, c’est une partie privative.

      {{cta-syndic="/ressources/auteurs/leo-riquier"}}.

      Auteur
      Nicolas Chabin
      Expert et analyste immobilier indépendant
      Nicolas Chabin, analyste et rédacteur spécialisé, cumule plus de 20 ans d’expérience dans le secteur immobilier. Expert des enjeux du marché, il partage des analyses approfondies et des perspectives uniques. Ses articles offrent un éclairage précieux pour comprendre les dynamiques immobilières et prendre des décisions stratégiques en toute confiance.
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