Le changement de gestion locative en cours de bail est possible. Il ne modifie ni le contrat de location ni le loyer : le bail lie le propriétaire et le locataire, tandis que le mandat lie le propriétaire et l’agence. En pratique, l’enjeu n’est donc pas juridique mais opérationnel : assurer une transition fluide pour le paiement des loyers, la gestion des sinistres et la continuité administrative.
Notre guide s’adresse aux propriétaires bailleurs qui souhaitent changer de gestionnaire locatif en cours de bail, en évitant les erreurs classiques afin de sécuriser et d'optimiser leur investissement.
À retenir :
- Le bail ne change pas (durée, loyer, clauses).
- Le mandat peut être résilié selon ses conditions.
- Le locataire doit être informé.
- Les loyers, dépôts et sinistres éventuels doivent être sécurisés pendant la transition.
- Un transfert de dossier complet évite les blocages.
Peut-on changer de gestionnaire en cours de bail ?
Changer de gestionnaire locatif en cours de bail est parfaitement autorisé. Cette possibilité repose sur un principe fondamental : le contrat de location (bail) et le mandat de gestion locative sont deux contrats distincts, qui n’engagent pas les mêmes parties et ne produisent pas les mêmes effets :
- D’un côté, le bail d’habitation lie exclusivement le propriétaire et le locataire. Il fixe les règles essentielles de la location : durée, montant du loyer, charges, obligations respectives, conditions de résiliation. Ce contrat continue de produire ses effets indépendamment de l’agence chargée de la gestion.
- De l’autre, le mandat de gestion locative est un contrat de prestation conclu entre le propriétaire et une agence immobilière. Il définit les missions confiées au gestionnaire (encaissement des loyers, gestion des sinistres, relations avec les locataires, régularisation des charges...) ainsi que ses conditions de rémunération, de durée et de résiliation.
{{cta="/ressources/auteurs/leo-riquier"}}.
Ce que le propriétaire doit impérativement respecter
Si le changement de gestionnaire locatif en cours de bail est autorisé sur le principe, il reste encadré par le mandat. Avant toute démarche, le bailleur doit donc :
- Relire attentivement la durée d’engagement prévue au mandat.
- Vérifier les conditions de résiliation du mandat de gestion locative (préavis, date anniversaire).
- Identifier d’éventuelles indemnités de rupture anticipée.
- Respecter la forme de notification imposée (souvent par lettre recommandée avec accusé de réception).
Et pour le locataire, concrètement ?
Pour le locataire, le changement d’agence immobilière en cours de bail n’a qu’un impact pratique :
- Un nouvel interlocuteur pour la gestion quotidienne.
- De nouvelles coordonnées pour le paiement du loyer.
- Éventuellement un nouveau canal pour les demandes techniques ou urgentes.
En revanche, il n’y a ni nouveau bail à signer, ni modification du loyer, ni remise en cause des clauses existantes. Cette stabilité contractuelle est précisément ce qui rend le changement de gestion locative juridiquement simple.
Tableau “Qui fait quoi ?”
Dans quels cas changer de gestionnaire ?
Même si le changement de mandat de gestion locative en cours de bail est juridiquement possible, il n’est pas toujours opportun de le faire à n’importe quel moment ni pour n’importe quelle raison. Pour un propriétaire bailleur, l’enjeu consiste à arbitrer entre la nécessité d’améliorer la gestion et le risque de complexifier inutilement une situation déjà sensible.
Les situations où changer de gestionnaire est pertinent
Dans la pratique, plusieurs cas justifient pleinement un changement de gestionnaire locatif :
- Dysfonctionnements répétés dans la gestion quotidienne : retards dans l’encaissement des loyers, quittances envoyées tardivement, absence de suivi des demandes du locataire ou réponses imprécises sont souvent les premiers signaux d’alerte.
- Manque de réactivité en cas d’impayé ou de sinistre : une gestion inefficace des impayés ou des sinistres peut avoir des conséquences financières importantes.
- Défaut de transparence et de reporting : certains propriétaires découvrent tardivement des écarts de loyers, des frais non expliqués ou des régularisations de charges mal anticipées. L’absence de visibilité est l’un des motifs les plus fréquents de changement de gestion locative en cours de bail.
- Évolution des besoins du bailleur : un propriétaire peut souhaiter un accompagnement plus digitalisé, une meilleure couverture sur les assurances (GLI), ou une gestion plus adaptée à un patrimoine qui s’étoffe.
{{cta="/ressources/auteurs/leo-riquier"}}.
Les moments les plus favorables pour changer
Certaines périodes sont plus simples à gérer sur le plan opérationnel :
- À l’échéance du mandat ou lors de sa tacite reconduction : c’est la situation la plus fluide. Le préavis est respecté, les relations sont généralement apaisées et le transfert de gestion locative peut être préparé en amont.
- En début ou en milieu d’exercice locatif stable : lorsque les loyers sont à jour, qu’aucun sinistre n’est ouvert et qu’aucune régularisation complexe n’est en cours, la reprise de dossier est nettement plus simple pour le nouveau gestionnaire.
Les situations où la prudence s’impose
Changer de gestionnaire locatif en cours de bail demande une organisation renforcée dans certains contextes :
- Sinistre en cours de traitement : le changement n’est pas interdit, mais il nécessite une transmission rigoureuse des échanges avec l’assureur, des expertises et des devis. Sans cela, le risque de retard ou de contestation augmente.
- Travaux importants déjà engagés : lorsqu’un chantier est en cours, le nouveau gestionnaire doit reprendre les contrats, les factures et le calendrier. Une transition mal préparée peut générer des incompréhensions, voire des doublons.
- Régularisation de charges imminente : la bascule de gestion juste avant une régularisation peut compliquer la lecture des comptes pour le locataire comme pour le bailleur. Dans certains cas, il est préférable d’attendre la clôture de l’exercice.
⇨ Résilier votre mandat de gestion locative ? On s'en occupe pour vous !
Les étapes pour changer de gestion locative en cours de bail
Pour qu’un changement de gestion locative en cours de bail se déroule sans rupture de paiement ni confusion pour le locataire, il est essentiel de suivre un process clair.

1. Relire le mandat de gestion en cours
Avant toute démarche, le propriétaire doit repartir du document contractuel qui encadre la relation avec l’agence actuelle : le mandat de gestion locative.
Cette relecture permet d’identifier :
- La durée d’engagement initiale
- Les modalités de tacite reconduction
- Le préavis à respecter
- L’existence éventuelle de frais ou d’indemnités en cas de résiliation anticipée
- La forme de notification exigée (le plus souvent une LRAR)
2. Préparer la résiliation du mandat
En pratique :
- La résiliation s’effectue par lettre recommandée avec accusé de réception.
- Elle prend effet à la date prévue par le mandat (fin de préavis).
- Elle n’a aucun impact sur le bail en cours.
3. Choisir le nouveau gestionnaire locatif
Un changement de gestion locative en cours de bail est aussi l’occasion de corriger les faiblesses identifiées dans la gestion précédente. Au-delà du tarif, plusieurs critères doivent être examinés :
- La méthodologie de reprise de dossier
- La capacité à gérer une transition avec un locataire en place
- Les outils de suivi
- La gestion des situations sensibles (impayés, sinistres, GLI)
- La clarté des échanges
{{cta="/ressources/auteurs/leo-riquier"}}.
4. Organiser le transfert de gestion locative
Le transfert de gestion locative constitue le cœur du changement. Il ne s’agit pas d’un simple échange administratif, mais d’une passation complète du suivi du logement.
Concrètement, cette étape suppose :
- La désignation d’un interlocuteur référent côté ancienne et nouvelle agence
- La fixation d’une date de transfert.
- La préparation d’une liste exhaustive de documents à transmettre.
- La transmission des informations financières (loyers, dépôt de garantie, charges).
5. Informer le locataire au bon moment
Informer le locataire n’est pas une formalité secondaire : c’est une étape centrale du changement de gestion locative en cours de bail. Le locataire doit être informé :
- Du nom du nouveau gestionnaire
- De la date effective du changement
- Des nouvelles coordonnées
- Du nouveau compte bancaire pour le paiement du loyer
- Des contacts à utiliser en cas d’urgence.
6. Sécuriser la continuité de la gestion
Pendant la période de transition, plusieurs points doivent faire l’objet d’une vigilance renforcée :
- Encaissement des loyers : éviter les doublons ou les oublis
- Quittances : assurer leur émission sans rupture
- Sinistres en cours : garantir la continuité du suivi
- Travaux engagés : reprendre les devis, contrats et calendriers
- Assurance loyers impayés (GLI) : vérifier les conditions de poursuite ou de reprise
7. Vérifier la situation dans les 30 jours suivant le transfert
Un contrôle post-transfert, environ 30 jours après la prise en main par le nouveau gestionnaire, permet d’anticiper les difficultés. Le bailleur doit notamment vérifier que :
- Les loyers sont correctement encaissés et reversés
- Le locataire a bien accès à ses documents
- Les quittances sont conformes
- Les accès aux espaces en ligne sont opérationnels
- Les dossiers sensibles sont suivis
Cette dernière étape permet de valider définitivement le changement de gestionnaire locatif et de corriger rapidement les éventuels points de friction.
⇨ Avec Manda, changer de gestionnaire locatif n'a jamais été aussi simple !
Check-list des documents à récupérer auprès de l’ancienne agence
Lors d’un changement de gestion locative en cours de bail, la récupération complète et ordonnée du dossier est un point de passage obligatoire.
Les documents indispensables au transfert de gestion locative
Comment faciliter la remise des documents ?
Pour éviter toute ambiguïté, il est recommandé de :
- Formaliser la demande de transmission par écrit.
- Joindre une liste précise des pièces attendues.
- Fixer un délai raisonnable de remise.
- Prévoir un envoi sécurisé ou un accès numérique partagé.
Informer le locataire : que dire exactement ?
Lors d’un changement de gestion locative en cours de bail, l’information du locataire constitue un passage essentiel. Même si ce changement ne modifie ni le bail ni le loyer, une communication imprécise ou tardive peut entraîner des erreurs de paiement. L’objectif est donc de donner au locataire les bonnes informations, au bon moment, sans créer de confusion.
Pourquoi l’information du locataire est indispensable
D’un point de vue pratique, le locataire doit savoir :
- À qui il doit s’adresser pour toute question liée au logement.
- Où et comment payer le loyer après le changement d’agence.
- Qui contacter en cas d’urgence (dégât des eaux, panne, sinistre).
- À partir de quelle date le nouveau gestionnaire prend le relais.
Cette information n’est pas qu’une bonne pratique. L’article 3 de la loi du 06/07/1989 prévoit que le locataire soit informé de l’identité du bailleur et, le cas échéant, de celle de son mandataire.
{{cta="/ressources/auteurs/leo-riquier"}}.
Le bon timing pour informer le locataire
Dans l’idéal, le locataire doit être informé :
- Après la résiliation du mandat
- Avant la première échéance de loyer concernée par le changement
- Avec une date d’effet clairement indiquée
Cette anticipation permet au locataire de s’organiser et évite toute interruption dans le paiement du loyer.
Les informations à transmettre
- Le nom du nouveau gestionnaire locatif
- Ses coordonnées complètes (téléphone, email, adresse)
- Le nouvel IBAN/RIB pour le paiement du loyer
- La date à partir de laquelle ces nouvelles modalités s’appliquent
- Les contacts à utiliser en cas d’urgence technique
Il est également utile de rappeler explicitement que les conditions du bail restent inchangées. Cette précision rassure le locataire et limite les questions annexes.
Modèle 1 - Courrier ou email au locataire
Objet : Information - Changement de gestionnaire locatif
Madame, Monsieur,
Nous vous informons qu’à compter du [date], la gestion de votre logement situé [adresse] est confiée à un nouveau gestionnaire.
Nouveau gestionnaire : [Nom de l’agence]
Coordonnées : [téléphone, email, adresse]
À partir de cette date, le paiement du loyer devra être effectué sur le compte suivant :
IBAN : [IBAN]
Pour toute demande relative à la gestion du logement ou en cas d’urgence, vous pourrez contacter directement ce nouvel interlocuteur.
Les conditions de votre bail (loyer, charges, durée) demeurent strictement inchangées.
Nous vous remercions de votre attention et restons à votre disposition pour toute précision.
Cordialement,
[Nom du propriétaire]
{{cta="/ressources/auteurs/leo-riquier"}}.
Modèle 2 - Courrier à l’ancienne agence
Objet : Transfert de gestion locative - Remise des documents
Madame, Monsieur,
Suite à la résiliation du mandat de gestion en date du [date], je vous remercie de bien vouloir transmettre l’intégralité du dossier de gestion du logement situé [adresse] au nouveau gestionnaire [nom de l’agence], dans les meilleurs délais.
Vous trouverez ci-joint la liste des documents attendus afin d’assurer la continuité de la gestion locative.
Je vous remercie par avance de votre coopération.
Cordialement,
[Nom du propriétaire]
Implications et points de vigilance
Un changement de gestion locative en cours de bail bien préparé se déroule généralement sans difficulté. En revanche, lorsqu’il est mal anticipé ou partiellement exécuté, il peut générer des situations complexes pour le propriétaire comme pour le locataire.
Loyers en cours, trop-perçus et quittances
La période de transition est particulièrement sensible sur le plan financier. Les principales difficultés rencontrées concernent un loyer payé à la mauvaise agence, un double encaissement par erreur ou un retard dans l’émission des quittances de loyer.
Pour sécuriser cette phase, il est indispensable de :
- Fixer une date de bascule précise.
- Rappeler clairement au locataire à partir de quand changer de destinataire.
- Vérifier que l’ancienne agence cesse toute opération d’encaissement à la date prévue.
Un suivi attentif dès le premier mois permet d’identifier rapidement les anomalies et d’éviter qu’elles ne s’installent dans la durée.
Sinistres ouverts et travaux en cours
Lorsqu’un sinistre est en cours au moment du changement de gestionnaire locatif, le risque principal est la perte d’informations. Dossiers incomplets, échanges non transmis ou devis manquants peuvent ralentir, voire bloquer l’indemnisation.
Le bailleur doit veiller à ce que le nouveau gestionnaire dispose :
- Du numéro de dossier sinistre
- Des coordonnées de l’assureur et de l’expert
- De l’historique des échanges
- Des devis et factures déjà engagés
La même vigilance s’impose pour les travaux en cours, notamment lorsqu’ils impliquent des prestataires sous contrat.
Assurance loyers impayés (GLI) : continuité et conditions
La question de la GLI est fréquemment source de malentendus. Selon les cas :
- La GLI est attachée au contrat de l’ancienne agence.
- Elle peut être reprise sous conditions par le nouveau gestionnaire.
- Une nouvelle souscription peut être nécessaire.
Il est donc essentiel de vérifier, avant le transfert, les modalités exactes de continuité ou de reprise, sans supposer une couverture automatique.
Que faire si l’agence refuse de transmettre le dossier ?
Dans la majorité des situations, la transmission se fait sans difficulté. Toutefois, en cas de blocage, le propriétaire doit adopter une démarche progressive :
- Relance écrite courtoise, rappelant les obligations contractuelles.
- Lettre recommandée avec accusé de réception, fixant un délai précis.
- Mise en demeure si nécessaire, sur un ton strictement factuel.
{{cta="/ressources/auteurs/leo-riquier"}}.
Ce qu’il faut retenir pour réussir un changement de gestionnaire en cours de bail
Le changement de gestion locative en cours de bail est une démarche maîtrisable dès lors qu’elle est bien préparée. Le bail demeure inchangé ; la réussite repose sur la coordination entre résiliation du mandat, transfert de dossier et information du locataire. La prudence reste de mise sur les dossiers sensibles (GLI, sinistres), qui nécessitent des vérifications plus poussées avant la bascule.
Vous souhaitez changer de gestionnaire en cours de bail ? Manda, votre spécialiste de la gestion locative moderne et rentable peut vous accompagner dans vos démarches !
FAQ sur le changement de gestion locative en cours de bail
Peut-on changer d’agence immobilière si le locataire est déjà en place ?
Oui. La présence d’un locataire n’empêche en aucun cas un changement de gestionnaire locatif.
Le bail ou le loyer changent-ils lors d’un changement de gestionnaire ?
Non. Le changement de gestion locative en cours de bail n’a aucun impact sur la durée du bail, le montant du loyer, les charges et les clauses contractuelles. Seul l’interlocuteur chargé de la gestion évolue.
Qui doit informer le locataire du changement de gestionnaire ?
L’information peut être faite par le propriétaire bailleur ou par le nouveau gestionnaire, selon l’organisation retenue. L’essentiel est que le locataire reçoive une information claire, écrite et complète avant la première échéance de loyer concernée.
Où payer le loyer après un changement d’agence ?
Le locataire doit payer le loyer au nouveau gestionnaire, à compter de la date d’effet du changement indiquée dans le courrier ou l’email d’information.
Que se passe-t-il si le locataire paie le loyer à l’ancienne agence ?
Si l’information a été correctement transmise, l’ancienne agence doit reverser les fonds ou les restituer. En pratique, ce type de situation peut entraîner des délais et des ajustements comptables.
Peut-on changer de gestionnaire en plein sinistre ou avec des travaux en cours ?
Oui, c’est possible. Toutefois, le changement de gestion locative en cours de bail dans ce contexte exige une transmission rigoureuse des dossiers (expertises, devis, factures, échanges).
Que devient l’assurance loyers impayés (GLI) ?
La GLI n’est pas automatiquement maintenue lors d’un changement de gestionnaire locatif. Elle peut prendre fin avec l’ancien contrat, être reprise sous conditions ou nécessiter une nouvelle souscription.
Changer de gestionnaire locatif revient-il à résilier le mandat de gestion ?
Oui. Le changement de gestionnaire locatif implique nécessairement la résiliation du mandat en cours, selon les conditions prévues contractuellement.






